Quelques petites réflexions sur le sujet.
Le jardinage "conventionnel" issu de la même logique que l'agriculture "conventionnelle" de l'après-guerre suivait une démarche simple, pour ne pas dire simpliste: faire fi du sol (ou peu s'en faut) et nourrir directement le légume par le biais d'engrais de synthèse directement assimilables, et protéger le légume ainsi produit par les fongicides et insecticides nécessaires pour une croissance forte et rapide dans un cadre "dénaturé".
Les nouvelles conceptions du jardinage qui gagnent du terrain depuis pas mal de temps, qu'on les nomme "jardinage bio" ou "jardinage naturel", remettent le sol au centre des attentions du jardinier sans éluder la question des soins nécessaires pour les légumes, surtout s'agissant des légumes gourmands.
Nourrir le sol, c'est avant tout nourrir la vie du sol. Même si les mises en oeuvre peuvent varier selon la nature du sol et le climat, les outils les plus répandus en la matière sont:
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les engrais verts; leur présence en hiver permet de protéger les micro-organismes du sol en leur offrant le gite et le couvert, d'éviter l'érosion et la déperdition des éléments nutritifs par lessivage; les racines des engrais verts vont "travailler" le sol, rendant inutile le bêchage; les engrais verts participent à la création du complexe argilo-humique; leur destruction offre un apport de nourriture important aux précieux vers de terre...
-le paillis de saison à base d'une couche fine (pour éviter le pourrissement) et renouvelée de
tonte de gazon qui permet d'offrir aux vers de terre une nourriture abondante sur l'ensemble de la saison estivale (je n'ai jamais utilisé de façon systématique ce paillis mais compte justement le systématiser)
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le BRF (bois raméal fragmenté): broyât frais de branchages (moins de 7cm de diam.) de feuillus, généralement incorporé de façon superficielle; en stimulant la vie du sol (la lignine est mangée par les champignons, les champignons sont mangés par...) et augmentant fortement le taux d'humus du sol, le BRF a effet fort sur la structure du sol; ce matériau doit être utilisé de façon très raisonnée pour éviter les déconvenues le plus souvent liées à la faim d'azote...
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le compost demi mûr; épandu sur le sol à l'automne et recouvert de paille, il stimulera l'activité des micro-organismes qui se chargeront de finir sa décomposition; l'apport du BRF, du compost ou fumier demi mûrs se fera en automne ou en début d'hiver
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le fumier demi mûr (plutôt demi mûr à mûr...); mêmes effets que le compost demi-mûr; du fumier trop frais favorisera la présence de vers, et pas seulement de vers de terre: à éviter...
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le compostage en place (laisser les fanes, cosses, racines sur le lieu de la récolte); laisser sur place les feuilles de chou abîmées, par exemple, au lieu de les composter favorisera la vie du sol
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les adventices ;ne pas chercher à éradiquer totalement les adventices: on remarquera souvent qu'en été que tel légume poussant parmi les adventices semblent mieux supporter la sécheresse que celui poussant sur un terrain nu, ce qui écorne, ou nuance un peu la notion de concurrence; les adventices arrachés avant floraison seront laissés sur place
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la paille, les fougères; les matériaux secs de paillage apportent du carbone, mais ils permettent surtout de protéger le sol et la pédofaune des rigueurs hivernales: le sol du potager ne doit jamais être laissé à nu en hiver!
Pour ce qui de nourrir les légumes:
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le compost mûr ou mieux le fumier mûr (ou encore un mélange des deux; je viens de préparer cette "mixture" en tas au fond de mon potager)
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la litière de toilettes sèches compostée (à chaud ou à froid, mais compostage
fini)
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les algues marines; épandues fraîches en automne ou hiver ou compostées (je les utilise pour composter la litière de toilettes sèches qui souffre d'un déséquilibre carboné: très azotées, les algues permettent de faire chauffer le tas et de participer ainsi à son assainissement)
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le jus de compost (oxygéné ou non; le jus de compost issu du lombricompostage serait un produit particulièrement intéressant); je n'ai pas l'expérience de ce produit
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les extraits fermentés ou purins, les jus concentrés; les plus connus sont ceux obtenus à base d'ortie et de consoude (la plupart des autres extraits fermentés ont plutôt des vertus curatives ou préventives, voire répulsives ou insecticides); une plantation de consoude fournira également des feuilles pouvant composer un paillis nourrissier ou un précieux barrage à limaces
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les cendres de bois; apportent surtout du potassium
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l'urine; je ne manque jamais, à la belle saison d'uriner dans l'arrosoir, de finir de le remplir avant d'aller arroser les légumes gourmands en azote.
Voilà l'essentiel des matériaux disponibles hors-commerce pour permettre au jardinier de nourrir le sol et de nourrir les plantes Si vous en utilisez d'autres...
Si j'ai fait des erreurs, je compte sur les pros de la terre du forum pour me corriger!