Non, pas vu , par oubli..mais comme tu as la gentillesse de le mettre en ligne, on va pouvoir le regarder.
Sans l'avoir vu, je me permets de dire que oui, c'est certain que malheureusement, le désespoir est dans le pré!
Et pour cause! Comment pourrait-il en être autrement dans ce misérable système ???
Vous permettez que je cite un extrait (encore, et oui et oui...) de "La Riposte des Paysans" de Silvia Pérez-Vitoria?
Elle l'explique si bien que l'on ne peut pas passer à coté...
"L'agriculture Industrielle à détruit des milliers de sociétés paysannes qui vivaient en harmonie avec leur territoire.
Par ailleurs, il est courant d'entendre dire que les progrès agricoles ont considérablement amélioré les conditions de travail dans l'agriculture. Certaines taches pénibles ont peut-être été éliminées mais de nouveaux risques sont apparus et, dans certains cas, le travail est devenu encore plus difficile.
La fin des paysans programmée par les décideurs politiques a conduit à la destruction de véritables civilisations dans le monde entier. Des modes de vie, des visions du monde, des cultures se sont trouvées englouties par une modernisation imposée, sans que les intéressés est vraiment eu leur mot à dire. La richesse sociale et culturelle du monde s'en est trouvée considérablement appauvrie. Si, dans les pays du Nord, cela a facilité les processus d'industrialisation, cela a produit une misère durable pour des millions d'habitants du sud.
Dans les pays industrialisés, les paysans qui ont survécu sont généralement devenus des exploitants agricoles plus ou moins intégrés au complexe agroalimentaire. Les politiques agricoles ont poussé, à coups de subventions, a toujours plus de compétitivité et de performance. Quelques agriculteurs ont pu gagner à ce jeu qui compte beaucoup de perdants. En effet avec l'augmentation de la productivité du travail dans l'agriculture il est possible de produire plus avec moins d'actifs, et dans les pays industrialisés où la population agricole représente environ 3 % de la population active, les campagnes comptent plus de "rurbains" que de producteurs agricoles. Dans le cas des agriculteurs des pays industrialisés, le plus frappant est leur extrême dépendance, leur très grande fragilité vis-à-vis des prix du marché, des subventions, des politiques agricoles, de l'agro-industrie , de la grande distribution. La baisse constante des prix agricoles à favorisé les firmes de l'agrobuisness au détriment de la grande majorité des producteurs. En France entre 1990 et 2008, les prix à la production du boeuf et du porc ont diminué respectivement de 15 % et 30 % alors que les prixs de vente ont augmenté de 50 % et de 20 % ; preuve que les agriculteurs travaillent pour enrichir les transformateurs et les distributeurs.
Aujourd'hui, de nombreuses exportations agricoles ne pourrait survivre sans les aides qu'elles reçoivent. La baisse constante des revenus agricoles met chaque jour de nouveaux agriculteurs en danger. Toute baisse des prix peut conduire à la faillite. L'incertitude est permanente pour ceux qui ont adopté les normes industrielles. Par ailleurs cette élimination des paysans et leurs reconversions en exportations agricoles sont à l'origine d'importantes luttes sociales. L'histoire des pays industrialisés de ces 60 dernières années est jalonnée de manifestations et actions des agriculteurs mécontents en raison même de leur extrême dépendance un système qui ne garantit pas leur avenir."
Ben oui, c'est ça, on le sait mais une piqûre de rappel rappelle pourquoi le désespoir est dans le pré, ou sur le sol du hors sol...
Je pense que ceux qui continuent dans le déni de ce constat ont tort de s'aveugler et de s'entêter.
Mais c'est eux qui voient...
Dans tout les cas, la détresse existe, quelle soit visible ou qu'elle soit cachée, non "avouée" par des gens très fiers. Je leur souhaite de s'en sortir et de retrouver une vie digne de ce nom.
Pour ma part, je pense qu'il y a plein de chose à faire en agriculture...mais dans un autre système.
Et toi, Jeff, tu en pense quoi de ce reportage?